Rêve amoureux

Au pays de la beauté, des moments choisis par les prunelles de mes yeux invitent ma plume à dessiner l'amour dans un silence expressif et raffiné à la fois.
Ö seigneur ! que j'aime l'aube quand il ose déchirer de ses mains lumineuses la noirceur profonde de l'heure mélancolique pour accueillir de son visage heureux la rosée du matin et le chant mélodieux des oiseaux ! Ö que j'aime le soleil d'or dans son départ quand il décide d'embrasser comme pour la dernière fois la voûte éthérée avant de disparaître dans l'obscurité caressante et laisser sa place aux charmes des étoiles, le sourire angélique de la princesse lune !
Amoureuse de ce monde poétique ou la nature fait tout pour attirer mon esprit romanesque, j'ai cru que tu étais comme moi, j'ai admiré dans les eaux limpides ton âme transparente qui ressemblait beaucoup à la mienne, j'ai même lu sur le front de ton miroir magique mes mots, ce qui m'a encouragé à suivre les traces de ton ombre qui frôlaient tendrement les grains de sable, je voulais m'approcher de toi, entrer dans ta vie sans faire du bruit, ouvrir les portes de ta demeure sans déranger tes nuits, ni les paupières de ton sommeil.
Attachée à ma fierté, j'ai caché mes sentiments sous un voile épais pour ne rien laisser apparaître, j'ai bien joué le rôle celui de te faire croire à des simples idées, un voyage éphémère dans le palais nocturne.
Face aux brouillards qui m'empêchaient de voir mon chemin vers toi et les orages qui ont frappé un jour ton ciel bleu je marchais avec prudence pour ne rien casser, ni briser ton coeur que la blessure a rendu fragile comme un verre. J'ai osé imaginer une histoire d'amour entre toi et moi dans le royaume de ma mémoire, je suis entrée dans un jardin paradisiaque, parfumé de mille fleurs, de toutes les couleurs, là ou nos regards se sont croisés, là ou tu m'as offert comme cadeau ton coeur et j'ai mis entre tes mains le mien, avant qu'on décide de se noyer dans un baiser éternel comme pour célébrer les épousailles de notre noble amour dans un climat romantique, plongée dans ces moments heureux, je voulais faire de ce rêve une réalité, sauf que la réalité dans sa nature rebelle à refuser de m'obéîr, elle m'a dit à voix basse :
" Ö ma fille, les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent ! "
O toi, mon ange souriant, tu n'es pas un ange ! Je préfère partir, regagner la caverne ténébreuse de mon passé et emprisonner ma liberté à jamais dans les bras de la nostalgie.
Nefertiti