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"Gare à la flatterie, ma fille: trop de sucre gâte les dents." Mme de sévigné.

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Samedi 10 novembre 2007
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 Il n'y a pas d'amour heureux
 
Rien n'est jamais acquis à l'homme. Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix;
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie.
Sa vie est un étrange et douloureux divorce;
Il n'y a pas d'amour heureux.
 
Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin.
A quoi peut leur servir de ce lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains.
Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes;
Il n'y a pas d'amour heureux.
 
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte en moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux.
 
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux.
 
Il n'y a pas d'amour qui ne soit douleur.
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri.
Il n'y a pas d'amourdont on ne soit flétri.
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs.
Il n'y a pas d'amour heureux.
 
Mais c'est notre amour à tous les deux. 
                  
Louis Aragon
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           Le poête a t-il raison?
par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Lundi 29 octobre 2007
Théophile de viau,dit aussi simplement Théophile,est l'un des grands poêtes de son temps,et un esprit libre,en une époque oû il est dangereux de l'être.Occitan et parpaillot de clairac,prés d'Agen,il voyage jusqu'en Hollande pour étudier,puis se montre à la cour au début du régne de Louis XIII et s'affiche comme le chef de file du clan des libertins,ce qui provoque son exil en Angleterre.
Rentré en grâce,il revient à paris se con vertir au catholicisme,mais on lui attribue la paternité d'un ouvrage obscène,Le parnasse satyrique,et il devient la cible du parti dévot.Les jésuites le font condamner à être brûlé vif par contumace.Arrêté prés de Saint-Quentin oû il s'est réfugié,Théophile est enfermé à la conciergerie par Richelieu qui l'y laisse croupir pendant deux ans.Grâve à l'intervention du duc de Monmorency,sa peine est commuée en banissement perpétuel.Mais sa santé est ruinée.Il meurt quelques mois plus tard,à l'age de 36 ans.Il reste l'un des rares poêts héritiers de la Renaissance à etre lu et apprécié pendant l'époque classique.


230px-Th-C3-A9ophile-de-Viau.png


Quand tu me vois baiser tes bras

                    Stances

Quand tu me vois baiser tes bras,
Que tu poses nus sur tes draps,
Bien plus blancs que le linge même,
Quand tu sens ma brûlante main
Se pourmener dessus ton sein,
Tu sens bien, Cloris, que je t'aime.

Comme un dévot devers les cieux,
Mes yeux tournés devers tes yeux,
A genoux auprès de ta couche,
Pressé de mille ardents désirs,
Je laisse sans ouvrir ma bouche,
Avec toi dormir mes plaisirs.

Le sommeil aise de t'avoir
Empêche tes yeux de me voir,
Et te retient dans son empire
Avec si peu de liberté,
Que ton esprit tout arrêté
Ne murmure ni ne respire.

La rose en rendant son odeur,
Le soleil donnant son ardeur,
Diane et le char qui la traîne,
Une Naïade dedans l'eau,
Et les Grâces dans un tableau,
Font plus de bruit que ton haleine.

Là je soupire auprès de toi,
Et considérant comme quoi
Ton oeil si doucement repose,
Je m'écrie : ô Ciel ! peux-tu bien
Tirer d'une si belle chose
Un si cruel mal que le mien ?
         Théophile de viau
___________________________
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par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Mardi 16 octobre 2007
Nizar Kabbani est né à Damas (Syrie) le 21 mars 1923.
lundi 22 décembre 2003.
En 1945, Nizar Kabbani obtient le diplôme de la faculté de droit de l’Université de Damas.
Il entre comme attaché au ministère Syrien des affaires étrangères et occupe des postes diplomatiques au Caire, à Ankara, à Madrid, à Pékin et A Beyrouth jusqu’à Sa démission en 1966. Dès l’âge de 16 ans, il commence à écrire des poèmes, largement consacrés à des thèmes amoureux.


Sa poésie casse l’image traditionnelle de la femme arabe et invente un langage nouveau, proche de la langue parlée et riche de nombreu-ses images empruntées au monde de l’enfance.
Après la défaite arabe face à Israël en 1967, son oeuvre prend une coloration politique et engagée. Son poème le plus récent, Les enfants de la pierre, fait référence au soulèvement actuel dans les territoires occupés.

Depuis ses débuts en 1944, Nizar Kabbani a publié plus de trente recueils de poèmes. Ses textes ont été chantés par Feyrouz, Oum Kalsoum et d’autres. il est le poète arabe le plus populaire et le plus lu.

Des textes de Nizar Kabbani ont été traduits en espagnol par Pedro Monteret (Institut hispano-arabe, 1964) et en anglais par Abdallah al-Uzari (in Con temporar.y ,4 rab Poetry, Penguin, 1986) et par Selma Khadra Jayyusi (in Modem Arabie Poetry, Columbia University Press, 1987). 
                                                                            250px-Nizar-Qabbani.jpg
                                                                           
                                                                                  
"La voyante de Nizar"


La voyante


1. Elle s’assit… la peur dans les yeux
2. Observant ma tasse retournée
3. Elle dit : Ne sois pas triste, mon enfant
4. Car l’amour est ta destinée
5. O mon enfant… mourra en martyr…
6. Celui qui meurt converti à la religion de l’être aimé…

7. Ta tasse… est un monde terrifiant
8. Et ta vie n’est que voyages… et guerres
9. Tu aimeras de multiples fois
10. Et tu mourras de multiples fois
11. Tu adoreras toutes les femmes de la terre…
12. Et tu reviendras… comme un roi vaincu…

13. Dans ta vie, mon enfant, il y a une femme
14. Ses yeux… Louange à Dieu
15. Sa bouche… est dessinée comme une grappe
16. Son sourire n’est que mélodies et roses
17. Mais ton ciel est pluvieux
18. Et ta voie… est sans issue, sans issue

19. Car la bien-aimée de ton cœur… ô mon enfant
20. Dort… dans un château surveillé
21. Le château est immense… mon enfant
22. Et bien gardé par chiens et soldats
23. La princesse de ton cœur… dort
24. Celui qui pénètre dans sa chambre… est perdu…
25. Celui qui demande sa main… celui qui s’approche…
26. De la muraille de son jardin… est perdu
27. Celui qui essaie de défaire ses nattes
28. O mon enfant… est perdu…e st perdu

29. J’ai prédit l’avenir… et lu dans les astres de nombreuses fois
30. Mais je n’ai jamais lu…
31. Dans une tasse semblable à la tienne
32. Je n’ai jamais connu ô mon enfant
33. Une tristesse… pareille à la tienne
34. Ta destinée est de marcher à tout jamais
35. En amour… sur le tranchant du poignard
36. De rester solitaire comme les coquillages
37. De rester mélancolique comme le saule pleureur
38. Ta destinée est de naviguer à tout jamais
39. Sue la mer de l’amour sans voile
40. D’aimer d’innombrables fois
41. Et de revenir comme un roi détrôné


Nizar kabbani,
extrait du recueil « Poèmes Féroces », 1970
par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Samedi 13 octobre 2007
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Arthur Rimbaud

Larme



Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Je buvais, accroupi dans quelque bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Par un brouillard d'après-midi tiède et vert.

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert.
Que tirais-je à la gourde de colocase?
Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer.

Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge.
Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.
Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,
Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.

L'eau des bois se perdait sur des sables vierges.
Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares...
Or! tel qu'un pêcheur d'or ou de coquillages,
Dire que je n'ai pas eu souci de boire!
                                                      -1872-
par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Jeudi 11 octobre 2007
Feng Tcheu est un poéte chinois, né en 1905 au Hopei, Feng Tcheu étudia d'abord à l'université de Pékin puis en Allemagne à Heidelberg.

Il traduisit Goethe et Rilke qu'il admirait et publia en 1942 un recueil de sonnets qui le rendit célébre. Dans un langage sombre, il se plaît surtout à décrire la nature et les petites choses comme témoins de notre passé et de notre présent et comme spectateurs de notre avenir.

Comme tous les intellectuels de la Chine d'aujourd'hui, Feng Tcheu a été envoyé à la campagne pour participer au travail manuel. Il a chanté le travail des mines dans un recueil récent intitulé "poèmes du nord-est"
                                                       photochineqh4.jpg
                                                         
Sonnet  
 
 
Souvent, nous passons une nuit intime  
Dans une chambre inconnue  
Dont nous ignorons même l'aspect pendant le jour.  
Que dire de son passé et de son futur ?  
 
La campagne s'étend à perte de vue hors de nos fenêtres.  
Vaguement nous nous rappelons le chemin de notre arrivée au crépuscule  
Et c'est tout ce que nous connaissions d'elle.  
Le lendemain nous partirons sans retour.  
 
Fermons nos yeux. Que nos coeurs soient tissés  
De ces nuits intimes de ces lieux inconnus.  
Notre vie est comme la campagne hors de nos fenêtres.  
 
Dans la pénombre de la campagne, nous reconnaissons  
Un arbre, une clarté de lac. Cette vision d'infini  
contient notre passé oublié et notre avenir incertain.  
 
 
Feng Tcheu 
par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Samedi 6 octobre 2007
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SPLEEN

 

 

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l'horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

 

 

Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l'Espérance, comme une chauve-souris,

S'en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

 

 

Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D'une vaste prison imite les barreaux,

Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

 

 

Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

 

 

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,

Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
______________________________________________________________________

HYMNE À LA BEAUTÉ

 

 

 

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme

O Beauté? ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore;

Tu répands des parfums comme un soir orageux;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?

Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;

Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;

De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,

Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,

Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit: Bénissons ce flambeau!

L'amoureux pantelant incliné sur sa belle

A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,

O Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!

Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte

D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou Sirène,

Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,

Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine! -

L'univers moins hideux et les instants moins lourds?
_______________________________

                            A tous ceux qui aiment baudelaire,a toi patricia.
par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Dimanche 30 septembre 2007
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Ô triste, triste était mon âme...


Ô triste, triste était mon âme
A cause, à cause d'une femme.

Je ne me suis pas consolé
Bien que mon coeur s'en soit allé,

Bien que mon coeur, bien que mon âme
Eussent fui loin de cette femme.

Je ne me suis pas consolé
Bien que mon coeur s'en soit allé.

Et mon coeur, mon coeur trop sensible
Dit à mon âme : Est-il possible,

Est-il possible, - le fût-il -
Ce fier exil, ce triste exil ?

Mon âme dit à mon coeur: Sais-je
Moi-même que nous veut ce piège

D'être présents bien qu'exilés,
Encore que loin en allés ?

 

Paul Verlaine (Romances sans paroles)
______________________________

Mon rêve familier


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

 

 

 

 


par nefertiti publié dans : le monde des poétes
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Douceur....

        Richard Clayderman


   

J'écris avec la plume de mon coeur
          Et l'encre de mes pleurs,
     Dans les profondeurs de la nuit,
 Des mots sur les pages de ma vie....

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